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jeudi 3 octobre 2013

L'Offense, de Francesco de Filippo

Vous avez aimé Le Naufrageur ? Vous vous êtes insurgé contre ce système ? Lisez l'Offense !



A  21 ans, Gennaro  aimerait vivre simplement. Mais dans « o' Quartier » de Naples ce n'est pas chose aisée. Tout est sous contrôle de la camorra. Le jeune homme se trouve presque évidemment impliqué et découvre le caractère international de la très puissante mafia napolitaine, lieu de convergence de trafics en tous genres, qui se ramifie et touche de diverses façons toutes les strates de la population, de l'élite aux quartiers populaires. Ce témoignage fictif nous décrit avec force  réalisme les organisations et actions les plus sombres de la capitale de la Campanie et de ses clans, sous la plume naïve du narrateur dont le caractère oral originel a brillamment été traduit par des régionalismes du Sud de la France, des transcriptions du napolitain ou bien des « arrangements » orthographiques .
Fort et puissant.

lundi 30 septembre 2013

Le Naufrageur, de Francesco de Filippo

Journaliste et écrivain italien vivant à Rome, Francesco De Filippo est traduit en français par Serge Quadruppani (dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, ici, ici et ici). Ses romans nous livrent des récits particuliers de héros aux vies noircies, aux âmes tourmentées, dans une écriture mêlant oralité et poésie. Ainsi sont dénoncées les diverses hiérarchies mafieuses qui essaiment dans le bassin méditerranéen, au mépris des vies humaines, pour le compte de quelques chefs. Je vous présente ici un premier roman poignant à l'apparence de témoignages sincères, en attendant le second.



 
Le Naufrageur se présente comme le journal d'un jeune Albanais, grand lecteur, mais ignorant des limites de l'espace et du temps. Pjota Barnovic – car tel est son nom –, bien malgré lui et alors très jeune, enchaîne les expériences et les vies multiples et tortueuses, des tréfonds de l'Albanie, à ceux de l'Italie. Côtoyant trafics de drogue, prostitutions et crimes, il tente de saisir et de comprendre une réalité qui lui échappe, dénonçant violence et manipulation facile des enfants.
On ressort de ce roman noir le souffle coupé et le cerveau bouleversé.

vendredi 26 juillet 2013

La Randonnée, de Christophe Léon

Après vous avoir parlé d'Argentina, Argentina, voici un autre roman ado du même auteur : La Randonnée, de Christophe Léon.



Lorsque cinq adolescents d'un centre d'accueil et leur éducateur partent en séjour randonnée dans la nature, l'ambiance est plutôt électrique. Peu à peu chacun apprivoise l'autre et tente de s'adapter au milieu montagnard plutôt hostile à ces jeunes gens habitués à la ville. Rien n'est simple, l'inattendu surgit dès qu'un problème trouve solution. L'écriture et le découpage cinématographiques de l’œuvre, incluant des flashbacks violents de la vie de chaque personnage, introduisent peu à peu le mystère, la tension et l'angoisse. Le récit devient un thriller prenant, où la pire menace ne vient pas d'où nous pouvons le supposer. La problématique de la réinsertion d'espèces disparues localement est posée.

 Haletant.

mardi 2 juillet 2013

Les deux dernières investigations de Simona Tavianello : La Disparition soudaine des ouvrières et Madame Courage.




            La Disparition soudaine des ouvrières mêle écriture policière et documentaire animalier pour mieux s'attaquer à la politique tortueuse de l'Italie, corrompue jusque dans sa protection de l'environnement bafouée au profit de l'industrie de l'agroalimentaire. Le roman traite aussi de la manipulation de la presse dans une enquête où fuite des abeilles de leurs ruchers et meurtre d'un industriel ne sont pas sans lien.


            La dernière enquête de Simona Tavianello, Madame Courage, pointe son nez alors que la célèbre commissaire et son mari ont pris des vacances méritées à Paris et mangent dans un restaurant oriental de la capitale. Un des clients de l'établissement réputé a malheureusement la surprise de découvrir une main humaine dans sa semoule. Dans un rythme soutenu, ce sont trois univers et trois cultures qui se chevauchent et s'entremêlent : la France, l'Italie et le Maghreb qui émerge tout juste du printemps arabe. Là encore la corruption de l'État, des grands patrons et des personnes influentes surgit dans une affaire de drogue cette fois.

Avec Saturne, ce sont trois romans noirs très prenants qui amènent à la réflexion, sur des thèmes malheureusement trop actuels.  Allez chez votre libraire et ne vous lassez pas des engagements de Serge Quadruppani, dont j'ai déjà parlé ici !

mardi 18 juin 2013

Saturne, de Serge Quadruppani


         La commissaire italienne anti-mafia, Simona Tavianello, est un personnage intelligent à l'esprit libre, non corrompu, et loin des canons esthétiques des magazines pour midinettes. Ses enquêtes dénoncent la corruption des États et des groupes puissants qui les influencent, par le filtre de différents vices. Les êtres et les affaires sont complexes, l'issue ne laisse jamais indifférent.
 
        Saturne  est la première de ses enquêtes. Le roman est émaillé de multiples formes de violence : l'homicide certes, mais aussi la maladie, la violence gratuite, la vengeance, l'inceste... Quatre voitures convergent vers les thermes toscans de Saturnia, un week-end de Juin : un tueur, une famille, et deux couples d'amants. Chacun des trois derniers groupes perd une femme. Parmi la foule pataugeant, seules ces trois personnes sont abattues. Le même tireur tue plus tard un ami commissaire à la retraite de Simona Tavianello. Mais ce coupable n'est que le bout d'une chaîne, l'exécutant qui obéit aux ordres de son patron, qui lui aussi appartient à un système de réseaux complexe, le tout sur fond de crise des subprimes, au mépris des vies humaines, tandis que la résolution n'apparaît pas clairement mais révèle des complots profonds.

Un nouveau bon roman noir à déguster en attendant le suivant !

jeudi 13 juin 2013

Colchiques dans les prés, de Serge Quadruppani

        Un bon roman noir pour l'été, ça vous tente ? Voici une première suggestion.


        Marie, Simon, Michel et Bruno, quatre jeunes amis anarchistes dans les années 70 braquent un hôpital psychiatrique. Simon, persuadé que toutes les munitions chargées ne sont que des bouchons en liège, comme convenu, presse la détente de son arme et tue le directeur bon père de famille. C'est le début de la cavale et seul ce coupable est retrouvé, arrêté et jugé. Malgré les fortes pressions dont il fait l'objet, il ne livre pas ses amis et est condamné à vingt ans de prison. En 1992, il est libéré. 
        Entre les quartiers chics du Mont des Oiseaux et de Costebelle à Hyères, et Toulon, à une époque ou fleurit sur la Côte le grand banditisme, l'ancien détenu marqué à vie a beaucoup de choses à éclaircir et de comptes à régler avec ses anciens camarades qui ne l'ont plus contacté, même malgré la prescription. Il va mener son enquête, se rapprocher de Nausicaa, la fille de Marie, mais rien n'est simple. Les mafieux varois, ex-taulards, hommes d'affaires et avocats mêlent complots, argent sale et prétendue sécurité. Les militants de l'anarchisme d'un jour peuvent aussi avoir des goûts de confort et de luxe plus tard. Mais une fois pris dans le filet, il est presque impossible d'en réchapper et d'en sortir indemne. 

Un excellent roman de Serge Quadruppani, un auteur engagé que j'ai eu la chance de rencontrer, et que je vous recommande. Je vous en reparlerai !
D'ici là, visitez son blog, lisez cet ouvrage, et donnez-m'en des nouvelles  !